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Classiques
Les Infortunes de la Vertu
Par : Marquis de Sade
Année : 1787
Un petit livre discutant et illustrant la philosophie particulière du Marquis, qui y fait l'étude du vice et de la vertu, et de leur place dans la société des hommes, dans la nature et dans la création de Dieu. Un livre très "sadique", on retrouve bien le Marquis tant dans les événement dépeints que dans le style.

Les 120 Jours de Sodome ou L'Ecole du Libertinage
Par : Marquis de Sade
Année : 1785
Alors là, coeurs sensibles s'abstenir absolument. Comme le dit le marquis lui-même, c'est le récit le plus impur et le plus blasphématoire qui n'ait jamais été écrit! Le Marquis nous emmène dans un "voyage" à travers toutes les passions du libertinage avec ses quatre "champions", dont voici ce qu'ils disent d'eux-mêmes:
"Des scélérats profonds et reconnus, qui n'ont de dieu que leur lubricité, de lois que leur dépravation; de frein que leur débauche, des roués sans dieu, sans principes, sans religion, dont le moins criminel est souillé de plus d'infamies que vous ne pourriez les nombrer et aux yeux de qui la vie d'une femme, que dis-je, d'une femme? De toutes celles qui habitent la surface du globe, est aussi indifférente que la destruction d'une mouche."
Le Marquis a écrit ce livre en prison, tant il est vrai qu'il y a passé 30 ans de sa vie (en plusieurs fois)sur les 74 années que sa vie compta (1740-1814). J'insiste encore sur le fait que ce n'est pas un livre à mettre entre toutes les mains. Et si vous vous décidez quand même à attaquer ce gros morceau (plus de 1000 pages), vous penserez à moi durant les 30 dernières pages, je vous aurai prévenu! Néanmoins, il s'agit d'un livre pour le moins étonnant, tant par l'étrangeté du thème disséqué que par la façon unique dont le Marquis de Sade nous conte son récit. Pour vous montrer plus précisément de quoi il retourne, je vous propose deux extraits.

Dracula
Par : Bram Stoker
Année : 1897
Un grand livre de la littérature gothique! Et ce n'est, à mon avis, que lorsqu'on l'a lu qu'on comprend vraiment ce que signifie le terme gothique, du moins en littérature. Un livre étonnant et construit bien différemment de ce que l'homo sapiens du 21ème siècle a l'habitude de lire. Je vous le conseille donc, même s'il faut aimer le genre vampire et chauve-souris, forcément. Il n'empêche que c'est une des bases de l'un des mythes les plus répandu dans notre sombre siècle...
Les Paradis Artificiels
Par : Charles Baudelaire
Année : 1860
Un petit livre sympathique, plus pour la rhétorique et l'art du discours dont fait preuve Baudelaire que pour le contenu. Il est tout de même étonnant que les opposants à la légalisation du haschisch ne le citent pas plus souvent d'ailleurs, car après avoir lu ce livre, je pense qu'il n'y pas meilleur détracteur des paradis artificiels que Baudelaire.

L'Assommoir
Par : Emile Zola
Ce n'est pas tant la description minutieuse de la vie des ouvriers de Paris sous le Second Empire qui me plaît dans ce livre, que la façon qu'a Zola de nous montrer cet univers et de dire les choses. Si l'histoire en elle-même peut paraître un peu plate au lecteur moyen du 21e siècle, je crois tout de même que la manière fine, précise et particulièrement évocatrice dont Zola peint son récit peut être fascinante. Il sait vraiment nous mener dans les endroits les plus divers et nous faire sentir proche de ses personnages, à travers des expressions telles que "il prenait des tons verts de cadavres pourrissant dans une marre" ou "les barbes raides et pisseuses comme des balais à pots de chambre."
Je vous recommande L'Assommoir (plutôt que d'autres livres de Zola, mais je ne les ai pas tous lu) car c'est le plus trash. Je trouve le mélange de ce langage ancien, désuet, en même temps si actuel, et de ce récit si proche de la déchéance des hommes vraiment fascinant. Bien sûr, il faut aimer le genre, mais certains passages m'ont vraiment plu. La façon de Zola de décrire l'horreur de l'existence est vraiment unique (ou presque).
Quand même un petit mot sur l'histoire : on suit dans ce roman la vie d'une branche de la descendance de la famille Rougon-Macquart, à savoir Gervaise, Coupeau et Lantier notamment (le père d'Etienne Lantier de Germinal, d'ailleurs). C'est l'histoire de la vie et des malheurs inévitables de ces personnages dans leur condition difficile d'ouvrier, entre 1850 et 1870 environ. Mais je répète que ce n'est pas tant le récit que l'immense machine bien huilée aux rouages finement ouvragés que représente ce livre qui importe.

Nana
Par : Emile Zola
L'histoire de la fille de Gervaise et de Lantier (voir L'Assommoir), qui va faire sa vie grâce à son corps. C'est la montée de cette mouche issue des ordures du caniveau qui va apporter la destruction et le pourrissement dans le Paris mondain du Second Empire. Ici aussi, c'est l'écriture plus que l'histoire qui est intéressante. Toutefois, j'ai moins aimé Nana que L'Assommoir : moins trash, mais on retrouve l'expertise de Zola.
La Bête Humaine
Par : Emile Zola
L'histoire torturée d'un des fils de Nana, Jacques Lantier, assailli par son besoin de sang et de crime, le tout dépeint dans l'univers du chemin de fer de l'époque. Le style zolien est ici toujours présent bien sûr, notamment à travers ses images des trains et des locomotives, personnifiés et vivants, monstres de métal rugissant à travers les crimes des hommes.
J'ai tout de même préféré L'Assommoir, plus trash.
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